Brasserie artisanale, bière pour emporter, école de brassage et centre d'interprétation

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Pourquoi une coop ?

Nous désirons créer une institution, un complexe brassicole qui perdurera dans le temps, au-delà même de l’implication active de ses fondateurs. Nous avons une vision à long terme et notre mission, mousser le savoir-faire, démontre notre engagement à faire connaître la bière artisanale, former les gens à sa dégustation et à sa fabrication. Nous aspirons aussi à devenir un modèle d’entreprise dans notre domaine : Saine gestion, partage, innovation, imputabilité et développement durable.

Les coopératives COOPÈRENT les unes avec les autres à l'échelle locale, provinciale, nationale et internationale. Elles font partie d’un mouvement planétaire dynamique qui compte plus d’un milliard de membres dans le monde. MABRASSERIE veut s’ancrer dans sa communauté en, créant de la richesse et des emplois dans Rosemont-Petite Patrie et en s’impliquant dans sa collectivité.

Une coopérative de solidarité, ça consiste en quoi ?

Il existe plusieurs types de coopératives, voici les principales :

Coop de travail : La coopérative de travail regroupe exclusivement des personnes physiques pour l'exploitation d'une entreprise. Son but principal est de fournir du travail à ses membres. MABRASSERIE est avant tout une coopérative de travail.

Coopérative de consommateurs : Le premier objectif de la coopérative de consommateurs est de fournir à ses membres les biens et services qu'ils demandent au moindre coût et de la meilleure qualité possible.

Coopérative de producteurs : Un coopérative de producteurs offre généralement deux catégories de services : 1. La mise en marché de biens ou de services produits par les membres, directement ou après la transformation. 2. L'approvisionnement en biens et services nécessaires à l'exercice de la profession des membres de la coopérative

Une coopérative de solidarité regroupe plusieurs types de membres. Elle se caractérise par la diversification de son membership et son ouverture au partenariat.
MABRASSERIE regroupera des membres travailleurs, mais aussi des membres de soutien : Des  personnes ou sociétés qui ont un intérêt économique, social ou culturel dans l'atteinte de nos objectifs. Les brasseurs-locataires, des entreprises sous-traiteront une partie de leur production, seront membres de soutien. MABRASSERIE accueillera aussi des membres qui désirent soutenir financièrement le projet. Bien qu’il soit impossible d’acquérir du capital-actions d’une coopérative, nous pouvons offrir à nos membres de soutien des parts privilégiées offrant des intérêts cumulables sur le montant investit.

Quelques mythes qui subsistent face aux coopératives

Il existe des mythes concernant les coopératives que nous devons briser :

1.      Une coopérative, n’est pas un OBNL. Bien que certains OBNL soient des coopératives, la plupart des coopératives sont à but lucratif et c’est le cas de MABRASSERIE. Seul le secteur formation sera sans but lucratif, mais les bénéfices réalisés dans ce secteur seront réinvestis en recherche et en équipement de pointe pour l’école et le laboratoire.

2.      Une coopérative n’est pas gérée par tous ses membres, les membres ne votent pas pour toutes les décisions prises dans le cours des opérations. Les membres fondateurs d’une coopérative créent le règlement numéro, le contrat qui dicte combien il y aura d’administrateurs et selon quelles conditions  seront admis les futurs membres. Chez MABRASSERIE les membres éliront 4 administrateurs et ce conseil d’administration nommera un directeur général. Le directeur général est responsable de toute la gestion de l’entreprise, mais n’a pas droit de vote au conseil d’administration. Il a donc de grandes responsabilités, mais son pouvoir est tout de même limité, ce qui protège la coopérative. En conseil d’administration, celui-ci propose et les administrateurs disposent. Les décisions se prennent donc par un groupe restreint, groupe qui a pour mission de protéger les intérêts de tous et de voir à respecter la mission de l’entreprise.

3.      Il n’est pas obligatoire d’être membre pour travailler dans une coopérative. Bien qu’il doit exister un mécanisme dans le règlement pour l’admission de nouveaux membres et que la loi sur les coopératives oblige que 50% de la masse salariale d’une coopérative soit versée à des membres, le directeur général a tout le loisir d’engager des employés qui pourraient ne jamais devenir membre. MABRASSERIE est fondée par 13 membres qui occuperont tous des postes clés, qui auront des responsabilités précises dans leurs fonctions. Chaque secteur névralgique sera donc pris en charge par un membre fondateur. Il n’est pas prévu à court terme d’admettre de nouveaux membres, l’admission d’un nouveau membre se fera à condition que le candidat apporte quelque chose de concret, une expérience et un leadership complémentaire à l’équipe en place.

Les défis liés à la fondation et la capitalisation d’une coopérative

L’élément déclencheur qui nous a incités à écrire ce billet, est la méconnaissance des institutions publiques et privées du système coopératif. Nous ne sommes pas seuls dans cette situation, cette problématique est bien connue. Ainsi, les banques et prêteurs traditionnels ont de la difficulté à analyser le risque, car ils ne comprennent pas bien le fonctionnement des coopératives. Pourtant, statistiquement, une coopérative est certainement le modèle d’affaire de plus durable. Le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation du Québec a publié une étude en 2008 indiquant que le taux de survie d’une coopérative était de 75% après 3 ans, comparativement à 48% pour une entreprise privée. Cet écart s’accentue après 10 ans, avec 44% des entreprises coopératives encore en activité, plus du double que toute  autre forme d’entreprise.

Ces chiffres s’explique aisément, les coopératives sont généralement plus stables grâce à leur structure, elles ont plus de loyauté et d'enracinement dans la communauté et elles démontrent plus de résilience face aux fluctuations économiques. Une étude récente de l’Organisation internationale du travail a démontré que lors de la plus récente crise des marchés financiers, les parts des coopératives n'ont perdu aucune valeur, car ces entreprises appartiennent aux gens qui bénéficient de leurs biens et services dans les régions où elles sont exploitées, et qui se sont engagés à veiller au succès à long terme de leurs investissements. Cet engagement est encadré par des lois, la direction d’une coopérative ne peut mettre en danger celle-ci, des règles strictes la protègent. Voici quelques exemples :

1.      Article 4 de la loi, la coopérative a l'obligation de constituer une réserve. Ainsi, à la fin de l’exercice financier, une partie, déterminée par la loi, des excédents doit être sécurisée dans la réserve générale.

2.      Article 38 de la loi, la coopérative ne peut rembourser ni racheter une part ni payer un intérêt sur une part, si elle est insolvable, si elle le devenait  à la suite de ce remboursement, de ce rachat ou de ce paiement  ou si le conseil d'administration démontre que le remboursement, le rachat ou le paiement est susceptible de porter atteinte à la stabilité financière de la coopérative ou si la coopérative ne pouvait satisfaire à ses engagements auprès des tiers qui lui accordent une aide financière.

 

La mise en commun des ressources de ses membres, autant les travailleurs, que les brasseurs-locataires, rendent le projet MABRASSERIE très compétitif : Pouvoir d’achat accru, production optimisée, force de vente et capacité de distribution. En s’associant à des brasseurs-locataires établis, ayant tous une clientèle et des ventes sécurisée, les promoteurs réduisent les frais, augmentent la visibilité et partagent le risque. Peu de brasseries peuvent espérer produire à une si grande capacité dès l’ouverture, pourtant toutes les brasseries doivent payer leur équipement 365 jours / an.

En conclusion, bien que le ratio des mises de fond / le financement recherché est plus bas que les ratios avec lesquels les prêteurs institutionnels sont habitués de travailler, le facteur de risque moins élevé devrait compenser et favoriser l’obtention du financement recherché. Notre défi est de le démontrer et de le défendre.

Sources

Une coop c’est quoi, brisons les mythes. – CDR de Lanaudière
http://lanaudiere.coop/2011/06/02/une-coop-cest-quoi-brisons-les-mythes/

Situation des coopératives au Canada - Rapport du Comité spécial sur les coopératives, Chambre des Communes du Canada
http://publications.gc.ca/collections/collection_2012/parl/XC2-411-1-1-1-fra.pdf

Une coopérative c’est quoi ? - CDR Montréal-Laval
http://www.cdr.coop/cooperative/une-coop-c%E2%80%99est-quoi/

Loi sur les coopératives – Publications du Québec
http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=2&file=//C_67_2/C67_2.htm